Dans son premier long métrage de fiction, Ernest Abdyjaparov nous plonge dans l'atmosphère d'un petit village kirghiz qui sert de métaphore à la situation qui règne dans le pays, une dizaine d'années après la chute de l'Union Soviétique. L'argent fait gravement défaut et chacun se débrouille comme il peut pour s'en sortir. Sur un ton tragi-comique, l'histoire nous raconte comment le personnages de ce microcosme gèrent la situation entre politique et religion, tradition et modernité. Le communisme trouve encore partisans et Taschmat, le voleur de bétail, est régulièrement en virée, avec à ses trousses le policer du village. Tout cela n'a plus grand-chose à voir avec la justice, tous les villageois s'en rendent bien compte et ils présentent régulièrement leurs doléances à l'administrateur du village. Leur foi en des jours meilleurs est précaire, tout comme leur foi en un dieu équitable. Qu'il s'appelle d'ailleurs
Allah ou Jéhovah, eux préfèrent s'adonner aux plaisirs d'ici-bas. Mais la vie
quotidienne suit son cours en dépit de la nostalgie et des plaintes.
«Le récit s'articule autour de la destinée du peuple kirghiz après l'effondrement de l'empire soviétique et l'indépendance qui en a résulté pour le Kirghizistan. Alors que personne ne s'y attendait, les mécanismes de la centralisation étatique soudain cessent de fonctionner. Le héros de l'histoire, c'est bien sûr le peuple kirghiz lui-même, et c'est lui qui en fait les frais avant de trouver une issue au problème. Sans doute seuls l'humour et l'autodérision permettent-ils de comprendre et d'appréhender toute la force des images tristes qu'offre la vie quotidienne; un humour qui se situe dès lors au-delà du rire, puisqu'il découle directement de l'absurdité de la situation.» Ernest Abdyjaparov
Le film est précédé par la projection du plan fixe sur Suzi Pilet, photographe.
Elle est le témoin d'une époque. Dès les années trente, elle rencontre Borgeaud, Corinna Bille, Maurice Chappaz et celui qui deviendra son compagnon de plusieurs années, Alexis Peiry. Espagne, conversion au catholicisme avec l'abbé Zundel, expositions, fidèles amitiés, livres créés pour le plaisir, Suzi Pilet raconte une existence hors de toute ambition sociale et pleine d'un inaltérable élan intérieur. C'est cet élan qu'exprime sa photographie, dans des portraits, des paysages solaires, des chantiers, des pylônes, des arbres.
Cette projection est précédée par la visite guidée l'exposition Théo Frey.
Theo Frey (1908-1997) est un des grands photo-reporters suisses du XXe siècle. Son travail révèle une attention aux petites gens et aux milieux défavorisés. En 1938, il réalise pour l’Exposition nationale suisse une série de douze portraits de communes, témoignages de la diversité culturelle de la Suisse. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il fait partie du « détachement de photographes » qui couvre l’actualité et la vie quotidienne de l’armée suisse.
Chargé des campagnes publicitaires de l’Aide suisse aux montagnards pendant près de vingt ans, Theo Frey est venu en Valais à de nombreuses reprises, notamment à Visperterminen où il photographie la répartition des fromages à l’alpage, la tonte des moutons, et les vendanges du Païen. Il développe un style personnel, entre image documentaire et recherche esthétique.
En collaboration avec la Fotostiftung Schweiz, la Médiathèque Valais - Martigny présente les reportages qui ont fait la réputation de Theo Frey, ainsi que de nombreux inédits qui dévoilent l’authenticité de son regard en même temps que son talent de créateur d’images. L’exposition fait la part belle aux sujets valaisans dont la Médiathèque possède des tirages effectués par Theo Frey lui-même.
Lundi 5 janvier 2009, Médiathèque de Martigny:
- 18 heures: visite guidée de l'exposition de photographies Théo Frey
- 19 heures: projection du plan fixe sur Suzi Pilet
- 20 heures 15: projection Saratan