


Depuis fort longtemps, la vente de journaux à la criée dans les rues de Dakar est l’apanage des garçons. Sili, douze ans, une jambe ballante appareillée, quitte chaque jour sa cité Tomates pour aller en ville, y mendier et nourrir ainsi sa famille. Un matin, elle se fait bousculer par un jeune vendeur. Elle décide alors de cesser de mendier pour vendre, elle aussi, le journal, car «ce qu’un garçon peut faire, une fille peut le faire aussi». Le Soleil est ici le nom d'un quotidien sénégalais. Elle y parviendra grâce à son courage et à sa persévérance. Un hymne à l'amitié et au courage des enfants des rues.
« La Petite Vendeuse de Soleil » constitue le second « conte » qui vient ponctuer la Trilogie des Histoires de petites gens jamais achevée par Mambety. Son décès l’empêche effectivement de réaliser ce dernier projet. A travers « La Petite Vendeuse de Soleil » Mambéty parvient magnifiquement à conjuguer magie de l’enfance et dure réalité.
note pour les enseignants et les éducateurs: Ce film est touchant. Le courage et la détermination de cette petite fille handicapée, qui part de rien, lutte contre l'adversité et finit par réussir sont susceptibles d'inspirer des jeunes enfants ou des adolescents.
Djibril Diop Mambety est né en 1945 à Colobane, une banlieue turbulente de Dakar. D’abord formé au théâtre, il fait ses premières armes comme comédien au Théâtre National Daniel Sorano et dans quelques films sénégalais et italiens. Il s’oriente rapidement vers le cinéma en 1963 avec deux courts-métrages, « Badou boy » (1966) et « Contra’s city » (1968). En 1972, il séjourne à Rome où il rencontre Pier Paolo Pasolini.
Des empreintes de l’urbanisation à l’existence persistante de petites gens, les éléments de prédilection du réalisateur sont là. Il y a Dakar, d’abord, le constat narquois et amer sur le réel, l’attention aux figures du quotidien, la poésie énergique qui agite autrement les images (Michel Amarger, Djibril Diop Mambety ou l’ivresse irrépressible d’images, éditions ATM-MTM, Paris 1999).
Puis, à 27 ans, Mambety réalise son premier long métrage, « Touki-Bouki ». Scandé par un refrain chanté par Joséphine Baker, ce film raconte le départ fantasmé de Mory et Anta pour la capitale française. Mambety revient complètement au cinéma vingt ans plus tard avec son dernier long métrage, « Hyènes » (1992). Au début des années 1990, il ouvre à Dakar la Fondation Yaadi Koone - Pour l’enfance et la nature. Il meurt à Paris le 23 juillet 1998 avant d'avoir achevé sa trilogie intitulée «Histoires des petites gens».
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