A l'aide d'images tranquilles, Yamada raconte
l'histoire de cet homme serein, observe les êtres
avec justesse et précision. Presque tous les
personnages sont décrits avec une tendre indulgence,
souvent teintée d'humour. La maestria
de ce réalisateur et scénariste, qui n'a pas
moins de 77 films à son actif, éclate à chaque
instant. Tasogare Seibei ne laisse aucun répit
au spectateur, reste intense jusque dans les
moindres détails, sans jamais perdre en subtilité
Iguchi Seibei est un samouraï vivant dans des conditions plutôt misérables,
las d'une existence où seul le combat semble donner sens à la vie. Le jeune veuf
désire enfin se réaliser comme père et se consacrer à ses filles,
convaincu qu'il y a dans la vie des choses bien plus sérieuses que la volonté de
puissance, le pouvoir et la guerre. Il accorde peu d'importance à son apparence, ce qui
lui vaut d'être surnommé par ses frères d'armes «Seibei le crépusculaire».
Un jour, il rencontre Tomonojo, un ami d'enfance, qui lui parle de sa soeur, Tomoe, mariée
autrefois à un ivrogne, mais qui habite aujourd'hui chez lui. Le lendemain, Tomoe rend visite
à l'ami de son frère. Alors que Seibei propose de la raccompagner chez elle, ils tombent
sur son ex-mari, qui cherche à faire valoir ses droits. Dans l'inévitable duel qui suit,
Seibei vainc le mari jaloux avec pour seule arme un bâton. Yoji Yamada a réalisé
un merveilleux film plein de tendresse et de sensibilité sur la fin du temps des samouraï